Le 27 juillet 1794 (9 thermidor An ii), Robespierre et ceux qui sont dénoncés comme ses « complices », accusés d’être les responsables d’un « régime de Terreur », se font arrêter, puis exécuter le lendemain.

Soucieux de se dédouaner des violences antérieures, ceux que l’on appelle désormais les « Thermidoriens » construisent la légende noire du « tyran Robespierre » complotant contre la République. Sur certaines images, il est même comparé à Catilina, qui, sous la République romaine, a voulu renverser le Sénat (fig. 1). Diffusant des rumeurs et fabriquant de fausses preuves, les hommes au pou- voir tentent de convaincre le peuple que Robespierre voulait rétablir la monarchie et devenir lui-même roi de France.

fig. 1 – Inspirée des gravures réalisées après l’exécution de Louis XVI, cette estampe suggère que Robespierre était une nouvelle figure du roi. Elle le compare aussi à Catalina, un sénateur ayant tenté de renverser la République au premier siècle avant notre ère.

Anonyme,
M.J. MAxiMiLiEN ROBESPiERRE / surnommé le Catilina moderne, / exécuté le 10 thermidor an 1er de la république.
Bois (détail), 1794, 17 x 11 cm.
© Paris Musées / Musée Carnavalet – Histoire de Paris

Désormais, le « monstre Robespierre » est utilisé comme figure effrayante symbolisant tous les excès de la Révolution depuis 1789. De nombreuses estampes françaises et étrangères en font l’unique responsable d’une hécatombe qui aurait été mise en œuvre par ses partisans (fig. 2).

Pour de nombreuses années, Robes- pierre personnifie la folie révolutionnaire, que les Thermidoriens, puis le Directoire (1795-1799) espèrent oublier en construisant une République apaisée. Un autre modèle d’homme politique est dès lors mis en avant : la figure imaginaire de l’idéologue jacobin, esclave de ses émotions politiques, doit s’effacer au profit du citoyen propriétaire, sage, raisonnable et au-dessus des partis.

fig. 2 – La scène imagine les effets ultimes du « gouvernement de Robespierre », assimilé à une machine de mort. Au sol, les têtes coupées des principaux groupes politiques sont rassemblées en petits tas, comme si leur élimination avait été soigneusement calculée d’avance. Sous les yeux de la statue de la Liberté, située place de la Révolution (actuelle Concorde), le bourreau, seul survivant, n’a d’autre choix que de se guillotiner lui-même.

Anonyme, Gouvernement de Robespierre.
Eau-forte coloriée (détail), 1794, 12,9x9cm.
© Musée Carnavalet – Histoire de Paris
2.3. LE SPECTACLE DE LA PEUR
3.2. LE DIRECTOIRE